GIORNALE ” LA MARSEILLAISE”
15 luglio 2010
Festival Avignon Off 2010
Théâtre La Luna
articolo di JEAN-MICHEL GAUTIER
compagnia teatrale COLTELLERIA EINSTEIN
“Cappuccetto Rosso et le loup solitaire”
Ce petit chaperon rouge que l’on a tous rêvé de croquer
Une compagnie du Piémont est venue présenter sous l’impulsion de Lucia Pozzi son spectacle en Avignon.
Elle est un des fruits de cette “Farandole à l’italienne” qui perdue depuis 14 ans et amène une touche supplémentaire de couleur dans le Off du Festival d’Avignon.
Une collaboration qui montre que la culture européenne doit se renforcer pour exister et qui dit aux incultes (s’il en existe encore) “La culture ça se mérite, rien n’est acquis”:
Cette année c’est au milieu des 1.100 pièces présentées que le Piémont offre un vrai bijou, ce “Petit Chaperon Rouge”, fable bien connue mais revisitée en oeuvre moderne pour tout public, à voir revoir et savourer.
Imaginez un studio de télévision qui propose un reportage sur le petit chaperon rouge dans son programme documentaire “Nature sauvage”.
Bien des années se sont écoulées depuis sa mésaventure, à présent elle fabrique des chapeux.
Des chapeux il y en a, de toutes les formes et de toutes sortes avec bien des accessoires mais tous sont rouges comme les perches qui les supportent.
Un univers rouge sur fond noir dans lequel le présentateur et le loup se fondent, se confondent.
Un de ces loups égarés, loup de dernier intérêt, banni de la meute, un loup solitaire.
On alterne au gré du récit entre l’histoire du petit chaperon rouge et celui de la vraie histoire des loups.
Ainsi peu à peu le loup nous devient familier, presque humain et surtout sympathique, tant on se demande si l’histoire ne va pas dévier.
Une fraîcheur insoupçonnée
Giorgio Boccassi auteur, metteur en scène, comédien nous pousse dans notre crédulité, nos peurs, joue avec, mélange conte et biologie, fiction et réalité.
Alors que le petit chaperon rouge interprété par Donata Boggio Sola est la candeur incarnée, elle ne connaît et de ce fait ne reconnaît pas le loup jusqu’à être trompée par lui.
Une mise en scène intelligente, un jeux subtil sur les racines de l’individu, où enfants et adultes se rencontrent sans pour autant laisser quoi que ce soit à l’autre, sans s’être fait de concessions, prenant chacun un plaisir évident à suivre le récit qui, cerise sur le gâteau est en français avec une pointe d’accent italien ce qui lui confère une fraîcheur insoupçonnée.
Perrault avait prévu bien des choses mais cette version là est d’une richesse qui largue le conte aux oubliettes de la littérature pour lui offrir une voie royale dans le théâtre.
Jean-Michel Gautier


















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